Dario Amodei avait fondé Anthropic en quittant OpenAI. Trois ans plus tard, sa société vaut officiellement plus que celle qu'il a quittée. Début juin 2026, Anthropic a déposé confidentiellement son S-1 auprès de la SEC, quelques semaines seulement après qu'OpenAI a fait la même démarche. La course à l'introduction en bourse des géants de l'IA générative est lancée pour de bon.
Une valorisation à 965 milliards de dollars, et des revenus qui s'envolent
Le dernier tour de financement d'Anthropic a établi la valorisation de la société à 965 milliards de dollars, surpassant celle d'OpenAI au moment du dépôt. Mais le chiffre qui impressionne le plus, ce sont les revenus : le run-rate annualisé d'Anthropic a franchi les 30 milliards de dollars en avril 2026, contre environ 9 milliards fin 2025. Une multiplication par plus de trois en quelques mois à peine.
La base clients entreprises suit la même trajectoire. Plus de 1 000 sociétés dépensent aujourd'hui plus d'un million de dollars par an sur les produits Anthropic, un seuil qui traduit une adoption bien réelle, pas juste des expérimentations pilotes.
Amazon, Google, Broadcom : l'infrastructure derrière Claude
Pour soutenir cette croissance, Anthropic a sécurisé du compute à une échelle rarement vue. L'accord signé avec Amazon porte sur jusqu'à 5 gigawatts de capacité d'entraînement et d'inférence. Un chiffre qui donne une idée concrète de ce que représente aujourd'hui l'appétit en énergie des grands modèles de langage. En parallèle, Anthropic a étendu ses partenariats avec Google et Broadcom pour alimenter les prochaines générations de Claude.
Ces accords ne sont pas anodins : ils signalent qu'Anthropic joue dans la même cour que les hyperscalers, avec des engagements pluriannuels qui sécurisent sa capacité à entraîner des modèles toujours plus puissants sans dépendre d'un seul fournisseur.
L'IPO qui arrive au pire moment pour ses concurrents
Le timing du dépôt S-1 n'est pas neutre. En se positionner juste après OpenAI dans la file des candidats à la cotation, Anthropic s'assure une place dans le récit dominant de 2026 : celui de l'IA générative qui entre dans sa phase industrielle et cherche à se financer sur les marchés publics.
La société de Dario Amodei a construit sa réputation sur la sécurité et l'alignement des modèles, un positionnement qui lui a valu des soutiens institutionnels solides et une crédibilité réelle auprès des grandes entreprises. Avec Claude comme produit phare, elle a transformé ce discours en contrats.
La valorisation à 965 milliards rappelle qu'on se rapproche du seuil symbolique des 1 000 milliards avant même l'introduction en bourse. Si les marchés répondent présent, Anthropic pourrait franchir ce cap dès le jour de sa cotation.